Les Contemporaines de Rétif revisitées – Montpellier – 5 octobre 2018

Les Contemporaines de Rétif revisitées

Journée d’étude organisée le vendredi 5 octobre 2018

à l’Institut de Recherche sur la Renaissance, l’âge Classique et les Lumières

Université Paul-Valéry de Montpellier

 

Programme

 

9h Accueil de la journée d’étude

9h15 Pierre Testud, Université de Poitiers : Introduction

9h30 Session 1, Présidence Linda Gil : Histoire du livre

Dominique Varry, ENSSIB Lyon : « Les Contemporaines vues par l’œil du bibliographe : l’exemplaire de Victorien Sardou conservé à la BM de Lyon ».

10h-10h15 : Discussion

10h15 Session 2, Présidence Dominique Triaire : Enjeux littéraires et esthétiques

Pierre Testud, Université de Poitiers : « Rétif et le travail du style »

Istvan Cseppentö, Université de Budapest (ELTE) : « La stratégie de l’auteur et l’esthétique du récit, à travers les préfaces et les commentaires des Contemporaines de Rétif de la Bretonne »

Claude Klein, Université de Strasbourg : « Le jeu avec la rhétorique comme stratégie, pour inscrire Les Contemporaines dans une tradition orale »

11h45-12h : Discussion

12h-13h30 : Pause déjeuner

13h30 Session 3, Présidence Nicole Masson : Mœurs et société

Séverine Denieul, Université Paris Nanterre / Université de Poitiers : « Les Contemporaines de Rétif : une peinture des mœurs ? »

Fabrizio Martino, Université d’Orléans : « Intersubjectivité figurale et textuelle dans Les Contemporaines de Rétif de la Bretonne »

14h30-14h45 : Discussion

14h45-15h00 : Pause café

15h00 Session 4, Présidence Franck Salaün : Mariage

Françoise Le Borgne, Université Clermont-Auvergne : « La haine du mariage est-elle soluble dans Les Contemporaines ? »

Nicolas Brucker, Université de Lorraine : « La surprise du mariage ou Marivaux res/ctifié »

16h00-16h15 : discussion

16h15 Session 5, Présidence Magali Soulatges : modèles et contre-modèles féminins

Claude Jaëcklé Plunian, Paris, Société Rétif de La Bretonne : « Belles et jolies : mises en scène et variations d’un modèle féminin dans les gravures des Contemporaines de Rétif de la Bretonne. »

Linda Gil, Université Paul-Valéry Montpellier 3 : « Les Contemporaines de Rétif : des femmes du livre »

 17h15 Nicole Masson, Paris : Conclusions

 

 

Appel à communication colloque : « De la satire à la juvénale : formes et enjeux de l’indignation chez Rétif de La Bretonne »

Colloque organisé par la Société Rétif de la Bretonne

avec le soutien du Centre d’Étude de la Langue et des Littératures Françaises (CELLF, CNRS et Sorbonne Université)

du Laboratoire Interdisciplinaire d’étude du Politique Hannah Arendt (LIPHA, Universités Paris-Est-Créteil et Paris-Est-Marne la Vallée),

et de l’Équipe d’accueil Pouvoirs, Lettres et Normes (POLEN, Université d’Orléans)

Paris, le samedi 9 novembre 2019

Satire Juvénale Rétif Appel proposition

Si le terme de satire a désigné dans l’Antiquité, après son transfert d’Athènes à Rome, « un poème mêlé de diverses sortes de vers, et attaché à plus d’un sujet » (Louis de Jaucourt, « Satyre », Encyclopédie, 1765), Nicolas-Edme Rétif de la Bretonne (1734-1806) participe, dans ses « Juvénales », de cette poétique du « pot-pourri » — selon une des traductions du terme latin satura. Ces fragments disséminés dans son œuvre relèvent aussi de la satire en ce qu’ils délivrent sur un ton virulent des opinions morales, sociales et politiques des plus polémiques et des plus variées, correspondant à cet « amas confus d’invectives contre les hommes, contre leurs désirs, leurs craintes, leurs emportements, leurs folles joies, leurs intrigues » qui caractérise la satire à la romaine selon Louis de Jaucourt. Au risque de heurter la censure, les textes satiriques de Rétif peuvent porter sur des proches ou des écrivains concurrents, s’inscrire dans la veine autobiographique ou relever de la prise de position publique.

Le poète latin Juvénal dénonce, dans ses Satires publiés entre 90 et 127, la décadence, la corruption de Rome à la fin du Ier et au début du IIe siècle de notre ère. Rétif vit lui aussi à une époque de crises et de changements profonds. Les maux de la société des Lumières l’indignent. Il les dénonce, non pas dans des Satires, mais dans des Juvénales. Au delà d’une affiliation à un genre admiré des auteurs classiques, qu’est-ce qui conduit Rétif, au prix d’une antonomase dont il est peut-être l’inventeur, à nommer « Juvénales » des fragments aussi variés par le ton que par la forme ? Y a-t-il identification avec la figure du moraliste à la férocité légendaire ? Trouve-t-on dans les « Juvénales » des références directes aux Satires ou du moins une coloration d’ensemble qui les y apparenterait ? Toujours selon l’Encyclopédie, Juvénal est le plus « brûlant » des satiristes antiques ; qui plus est, son œuvre « tient de la tragédie », à l’opposé de la satire d’Horace qui « tient de la comédie ». Rétif lui-même explique que le Hibou — nom du projet qui rassemblait les « Juvénales » avant que celles-ci ne se trouvent dispersées dans le reste de son œuvre — doit attaquer « les préjugés destructeurs de la félicité des Hommes. Il est écrit avec toute la véhémence de Juvénal » (Les Contemporaines, I, 11). Si Juvénal reste une référence incontournable pour les moralistes classiques et prérévolutionnaires, en quoi son œuvre inspire-t-elle particulièrement Rétif ?

La liste effectuée par Rétif de ses « Juvénales », 51 en tout, dont 18 sont restées à l’état de projet, se trouve à la fin de Le Paysan et la Paysanne pervertis (p. 1413-1414 de l’édition du texte par Pierre Testud chez Honoré Champion, 2016). David Coward, dans « Du Hibou aux Nuits : les Juvénales de Rétif » (Études Rétiviennes, 6, 1987), éclaire l’analyse de ces textes en expliquant qu’ils devaient originellement faire partie de l’ouvrage Le Hibou, finalement transformé par Rétif pour devenir Les Nuits de Paris. Ce choix a amené l’auteur à les insérer a posteriori dans le reste de son œuvre. D. Coward délivre des références précises, dans cinq ouvrages rétiviens : La Malédiction paternelle, La Découverte australe, Les Veillées du Marais, Les Françaises, Le Paysan et la paysanne pervertis. Cependant, on en trouve aussi, par exemple, à la fin de Monsieur Nicolas et dans La Philosophie de Monsieur Nicolas, sous le terme d’« immoralités ». Ces énigmatiques « Juvénales » ainsi que, plus largement, les textes satiriques de Rétif, interpellent les littéraires, les historiens, les philosophes, plus généralement celles et ceux qui s’intéressent aux Lumières tardives, ainsi qu’aux formes et aux effets de l’indignation.

Le parti pris rétivien de la satire pose une série de questions à explorer à propos de ces textes (liste non limitative) :

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Assemblée générale 2018

L’Assemblée générale de la Société Rétif de La Bretonne aura lieu le samedi 26 mai 2018 à partir de 14h à l’université Paris 3-Sorbonne Nouvelle. Elle sera suivie d’une Lecture-spectacle intitulée Le Hibou, adaptation du spectacle créé en 1989 par Christian Peythieu autour de Rétif et de son oeuvre.

ConvocationAG2018

Colloque « Roman rose/roman noir »

Le 31e colloque international de la SATOR, intitulé « Roman rose/roman noir : territoires hétérogènes de la fiction », aura lieu du 23 au 25 mars 2017 à Aix-en-Provence et Saumane. La Société Rétif de La Bretonne sera présente à cette importante manifestation. Une session – programmée le jeudi 23 mars à partir de 14h 30 – consacrée aux « figures paradoxales de la vertu chez Rétif » sera animée par Claude Klein. Les orateurs mettront en valeur l’originalité de l’écriture rétivienne et, pour certains, la mettront en parallèle avec celle de Sade. Le programme du colloque est disponible à l’adresse suivante : https://roman.sciencesconf.org/resource/page/id/6

Le Paysan et la paysanne pervertis de Rétif enfin réédité

Poursuivant leur vaste entreprise de réédition des œuvres de Rétif de La Bretonne, les éditions Honoré Champion nous offrent, grâce à l’active complicité de Pierre Testud, une édition critique du Paysan-paysanne pervertis, la première depuis la parution de l’ouvrage, en 1787. L’importance de cette somme romanesque fait assurément de cette publication un événement. Rétif considérait en effet Le Paysan et la paysanne pervertis, dont la genèse s’étend sur près de vingt ans, comme son chef-d’œuvre romanesque. Il ne s’était pas contenté, pour le composer, d’intercaler chronologiquement les lettres des deux romans qui lui avaient conféré sa réputation littéraire, Le Paysan perverti (1775) et La Paysanne pervertie (1783) : il avait complété, remanié, élagué la geste d’Edmond et Ursule, donnant ainsi naissance à une œuvre épistolaire polyphonique originale et ambitieuse qu’il comparait volontiers à La Nouvelle Héloïse ou à Clarisse Harlowe. De fait, à l’instar de ces monuments, Le Paysan et la paysanne pervertis se veut une œuvre totale et philosophique qui analyse, à travers la chute et la rédemption des deux paysans, l’impact des milieux sociaux sur le devenir des individus, soulignant le pouvoir corrupteur de la ville, mais aussi du clergé et d’un milieu rural incapable de préparer la jeunesse à affronter le monde. Cette interaction du moi et de la société est rendue sensible par un travail d’écriture qui prête à chaque personnage le style le plus révélateur de son rapport au monde, d’où la bigarrure d’un roman dans lequel Rétif estimait avoir enfin « trouvé sa manière », faisant alterner, comme le souligne Pierre Testud, « le langage archaïque du père de famille, le langage paysan, le parler argotique des joueurs de billard, ou encore celui de l’illettré Lagouache ». Les 462 lettres qui composent le recueil ouvrent une perspective sur toutes les classes sociales, sans omettre les sauvages des terres australes qu’Edmond découvre en compagnie du capitaine Cook ! Multipliant les aventures et les péripéties, mettant en scène des personnages fortement caractérisés, parmi lesquels émerge la figure remarquable du corrupteur Gaudet d’Arras, le cordelier spinoziste, Le Paysan et la paysanne pervertis s’impose comme un roman foisonnant et paroxystique, caractéristique de la veine sombre à la mode en ces dernières années de l’Ancien Régime.

L’édition Honoré Champion du Paysan-paysanne pervertis est richement illustrée puisqu’elle reproduit en intégralité les cent vingt figures de l’édition originale. Son orthographe et sa ponctuation modernisées en facilitent la lecture. Mais surtout, elle bénéficie d’un appareil critique très éclairant et d’une introduction d’une trentaine de pages dans laquelle Pierre Testud retrace la genèse du roman et en analyse les enjeux philosophiques et esthétiques. En un seul volume et à un prix accessible, cette édition permettra de redécouvrir un livre étonnant, « plein de choses et de chaleur » (Rétif), qui mérite toute sa place parmi les grands romans du XVIIIe siècle.

Rétif de La Bretonne, Le Paysan et la paysanne pervertis, édition établie, présentée et annotée par Pierre Testud, Paris, Honoré Champion, « Champion classiques », 2016, 1462 p., 39 €. ISBN : 978-2-7453-3560-9

Participation de la Société Rétif de la Bretonne au colloque de la SATOR : ROMAN ROSE/ROMAN NOIR

 

Participation de la Société Rétif de la Bretonne au colloque de la SATOR :

Roman rose/Roman noir
 Territoires hétérogènes de la fiction 

 

La SATOR – Société d’Analyse des TOpiques Romanesques – tiendra son prochain colloque international du 23 au 25 mars 2017 à Aix-en-Provence.

Les propositions sont à remettre avant le 31 août 2016

Lien sur lequel vous trouverez le détail de l’appel de la SATOR :

http://cielam.univ-amu.fr/romanroseromannoir

 

Participation de la Société Rétif de la Bretonne 

Thématique générale de la session : «Rôle et fonction de la vertu chez Rétif et chez Sade dans la construction des situations romanesques, en fonction des finalités et des formes du pathétique»

La vertu des personnages de Rétif de la Bretonne et de Sade est souvent développée de façon récurrente, elle donne toute son intensité au pathétique dans la perspective du roman noir. Les œuvres des deux écrivains peuvent être considérées comme exemplaires pour une certaine hybridation des formes mêlant la veine du roman rose et celle du roman noir. Cependant les points de départ et la finalité des récits diffèrent. La session propose d’examiner les points de départ ; notamment ceux de la constitution de types romanesques du point de vue de la vertu. Il s’agira de relever les potentialités de ces personnages à devenir sujets d’un topos et supports d’intrigues romanesques. On relèvera particulièrement dans cette perspective les éléments traditionnels de la vertu mise à l’épreuve qui implique dès l’origine éthos, logos et pathos ; donc la vertu elle-même, la construction des situations romanesques et leur interaction avec les situations sociales, enfin les fonctions et les finalités du pathétique. Cette combinatoire nous paraît essentielle pour saisir les dangers auxquels la vertu est exposée dans les récits et pour comprendre les réactions des personnages. Récompensée ou bafouée, la vertu n’aura pas chez Rétif la même valeur que chez Sade, il en résulte une topique des comportements qui trouve une partie du sens dans la vertu (l’éthos ?) initiale des personnages qui contribue à la couleur du pathétique. La table ronde propose d’examiner ces processus chez les deux auteurs, pour observer chez Rétif le procédé de l’amalgame, avec une réalité vécue, et celui d’une construction plus abstraite voire chirurgicale, chez Sade, afin de jauger les particularités de l’une et de l’autre démarche dans le sens d’une globalisation de la fiction. La session est ouverte à toute participation visant à montrer comment la constitution de personnages types chez ces auteurs a contribué à une déterritorialisation de la fiction, mêlant le rose et le noir, tout en préparant les lecteurs à retrouver ces types sur d’autres supports, particulièrement par le biais des illustrations.

Responsable de la session : Claude Klein

Pour participer à cette session, vous pouvez vous inscrire avant le 1er septembre 2016 sur le site : retifdelabretonne.net dans Contact

 

 

Appel pour une conférence/débat

Objet : appel pour un intervenant sur Les Nuits de Paris à l’École Estienne

Mme Erell Guillemer, enseignante de lettres à l’École Estienne, organise son cycle annuel de conférences dans le cadre des «Estiennales». Elle a choisi le thème « Nuits » pour le prochain cycle qui aura lieu les 6 et 7 décembre 2016, et a tout naturellement pensé aux Nuits de Paris.
Elle aimerait convier un/e spécialiste de Rétif de la Bretonne susceptible de questionner non seulement le regard sur le Paris nocturne, mais aussi le rapport à l’illustration. Ceci pour des étudiants illustrateurs, graveurs et typographes.

Je relaie ici sa demande, à laquelle vous pouvez répondre directement si vous le souhaitez :

Mme Erell Guillemer
enseignante de lettres
Ecole Estienne
http://www.ecole-estienne.paris/fr
0683512369

<erell.guillemer@wanadoo.fr>

ou en me contactant pour plus de précisions. Je précise que la conférence n’est pas rémunérée, l’école ne disposant pas de fonds pour cela, mais l’accueil est chaleureux, festif même. Et les étudiants sont très heureux de rencontrer des personnes venant d’autres champs intellectuels ou d’autres pratiques.

Rennes le 28 juin 2016

Assemblée générale annuelle de la Société Rétif de la Bretonne

La Société Rétif de la Bretonne tiendra son assemblée générale annuelle à la bibliothèque interuniversitaire de la Sorbonne le samedi 4 juin 2016.

La réunion sera suivie de la visite guidée de la bibliothèque par Laurence Gramondi, responsable de la mission Services aux chercheurs et par Isabelle Diry-Löns, Conservateur au département des Manuscrits et des Livres anciens : présentation de la bibliothèque, de quelques panneaux d’exposition sur Cervantès et d’exemplaires de livres de Rétif à la Réserve.

La présentation de la Convocation à l’Assemblée générale, envoyée à tous nos adhérents, sera obligatoire à l’entrée de la Sorbonne, 17 rue de la Sorbonne. Il est également nécessaire de confirmer sa participation en s’inscrivant auprès de Cl. Jaëcklé-Plunian (en téléphonant au 02 99 51 79 69), avant le 28 mai.

Claude Jaëcklé-Plunian