HABITUDINAIRE

Qui a des habitudes, qui aime ses habitudes.

Le mot n’apparaît pas dans les dictionnaires de l’époque de Rétif.

Le mot apparaît dans le Dictionnaire Historique de la Langue Française, Le Robert, 1992 :

Habitudinaire : n.m., dérivé savant, a été employé comme adjectif au sens de « qui a l’habitude de qqch., qui y est habile »(1847), « qui est passé en habitude » (1611). Le mot est repris comme nom masculin en théologie (av. 1866) pour désigner celui qui commet habituellement le même péché.

On peut consulter un article passionnant : "Les maux de l’esprit et les mots de l’âme", Rubrique linguistique et étymologique animée par le Dr Emmanuel Dumas Primbault, où figure, à la suite de "hypocondriaque", le mot "habitudinaire", qui laisserait entendre que le mot fait allusion à une pratique régulière de l’onanisme.

http://psyfontevraud.free.fr/psyangevine/publications/motsdelame.htm

Le dictionnaire de l’Académie de 1762 précise : "On dit, Avoir une habitude, pour dire, Avoir un commerce de galanterie."

Le Littré nous dit aussi : "Absolument. Avoir de mauvaises habitudes, se dit, par euphémisme, de l’onanisme."

Faut-il ainsi comprendre la citation suivante de Rétif ?

La Paysanne pervertie, Lettre XXIII, Flammarion, GF, 1976, p. 152 :

"Et pourquoi se lier irrévocablement à une femme, par exemple, avant l’âge qui nous rend habitudinaires ?"