ESCOBARDER

ESCOBARDER : ne pas dire exactement la vérité.

Le mot ne figure pas dans les dictionnaires contemporains de Rétif. Le TLF en donne cette définition : agir, parler en escobar. Le mot est attesté pour la première fois entre 1740-1755, et signifie "obtenir quelque chose par des moyens détournés".

Le Littré donne la définition : "User de réticences, de mots à double entente dans le dessein de tromper."

Selon le Littré, un escobar est un "adroit hypocrite, qui sait résoudre, dans le sens convenable à ses intérêts, les cas de conscience les plus subtils". Ce mot familier vient du nom d’un jésuite, célèbre casuiste, né en 1589 à Valladolid (Espagne) qui a écrit une Théologie morale et sur lequel La Fontaine a écrit une Ballade, citée par le Littré. Le littré ajoute que le verbe escobarder "n’a pas été fait d’après le caractère de l’homme, qui fut toujours d’une piété exemplaire, mais parce que dans sa Théologie morale universelle, discutant tous les cas possibles, il conclut en autorisant les deux partis opposés en cette façon : Les sujets sont obligés et ne le sont pas de payer le tribut.... Un faux serment est un péché mortel et n’en est pas un, etc."

Le mot se trouve employé par Rétif dans Les Nuits de Paris, "Suite du théâtre et des vauriens", 298e Nuit, Slatkine reprint, t.6, p. 2583.

"J’escobardais un peu, mais j’étais justifié, à mon sens par la maxime de J.-J. Rousseau. La vérité, dans certains cas, n’est pas ce qui est, mais ce qu’il faut qui soit..."